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David Jalbert: Brouiller les pistes

Né à Rimouski (Québec) en 1977, le pianiste multiplie les propositions originales et s’approprie un répertoire, qui, s’il contredit son jeune âge, lui vaut les éloges du public et de la critique. Son talent exceptionnel et sa forte personnalité ont été soulignés par de prestigieuses récompenses, notamment le prix Virginia Parker 2007, remis par le Conseil des Arts du Canada. Musicien parmi les plus doués de sa génération, David Jalbert obtenait – à seulement 21 ans – une maîtrise de l’Université de Montréal, accompagnée de la Médaille d’Or du Gouverneur général du Canada. Il détient également deux Artist Diploma, un de la Juilliard School (New York); un autre de la Glenn Gould School (Toronto).

En 2004, naturellement disposé à sortir des sentiers battus, David Jalbert consacre son premier album aux œuvres des compositeurs contemporains John Corigliano et Frederic Rewski. Deux ans plus tard, il enregistre un second disque : les Nocturnes de Gabriel Fauré. Pour sa première collaboration avec ATMA, le pianiste opte pour les 24 Préludes et Fugues opus 87 de Chostakovitch, un choix audacieux pour un aussi jeune musicien, une autre preuve de son individualité.

Vu ses nombreux engagements – une série de récitals présentés en tournée dans les Maritimes (Canada), des concerts avec la violoncelliste et complice de longue date Denise Djokic et des spectacles avec son trio Triple Forte – Jalbert passe de longues heures dans les aéroports. Toujours un livre sous la main, il profite de ces plages de temps libres en lisant des auteurs comme Charles Dickens, Virginia Woolf, John Updike, Umberto Eco et Antonine Maillet. Parmi ses récentes lectures, Jalbert a particulièrement apprécié Le Roi des aulnes du Français Michel Tournier, écrivain reconnu pour ses interprétations non-conformistes des mythes et légendes.

À l’image ses goûts littéraires, ses choix en termes de cinéma et de musique sont éclectiques et étendus. Si ses programmes de concert incluent des compositeurs comme Beethoven, Chopin, Fauré et Ligeti, le contenu de son iPod compte les David Bowie, Björk, Rufus Wainwright, Sonic Youth ainsi que des maîtres du blues comme B.B. King, Robert Johnson et Muddy Waters.

Évitant le confinement à un créneau unique, David Jalbert refuse aussi les étiquettes. « Je m’intéresse aux limites entre ce qu’on nomme l’art mineur et le grand art, la musique populaire et la musique classique. De quoi s’agit-il en réalité ? Les frontières ne sont pas aussi claires que plusieurs aimeraient le croire et c’est justement cette ligne trouble que je veux continuer d’explorer. »

Luisa Trisi
Traduit par Marie-Élizabeth Roy

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