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Stéphane Lemelin

Stéphane Lemelin : « Troubadour et magicien »
                                                                Le Washington Post

Que le pianiste Stéphane Lemelin ait choisi le titre Découvertes pour sa collection d’enregistrements ATMA consacrée à des œuvres de compositeurs français moins connus n’est pas surprenant. Après tout, Lemelin, qui agit à titre de directeur artistique de la série mais que l’on peut également entendre sur les CD puisqu’il joue au sein du Trio Hochelaga (avec la violoniste Anne Robert et le violoncelliste Paul Marleyn), est un homme curieux, prêt à repousser les frontières et à explorer des racoins desquels certains se seraient éloignés sans même se douter qu’ils pouvaient receler des trésors cachés.

Grâce à la série Découvertes, Stéphane Lemelin a présenté au public des œuvres de Gustave Samazeuilh, de Guy Ropartz, de Théodore Dubois, de Georges Migot, de Rhené-Bâton, de Manuel Rosenthal et de Gabriel Dupont. Ce répertoire, bien qu’il soit peu connu, enrichit le corpus de la musique classique du XXe siècle et est mprégné d’une « passion finement travaillée » (Globe and Mail).

Plus tôt cette année, le Trio Hochelaga a joué au Wigmore Hall ce qui était probablement la première interprétation à Londres du Quatuor pour pianos de Dubois. « Le public était à la fois enchanté de découvrir une nouvelle œuvre et stupéfait qu’on ait pu laisser de côté une pièce de cette qualité si longtemps, affirme Stéphane Lemelin. Pour nous, il était extrêmement gratifiant d’être témoins d’une réaction aussi enthousiaste de l’auditoire. » Lorsque le trio a interprété pour une seconde fois le Quatuor de Dubois, à Leicester, plus de cent ans après qu’il eut été composé, la critique a écrit : « le fait qu’on l’ait négligé est incroyable.» (Leicester Mercury)

En mars, Lemelin entreprendra une tournée, laquelle comprendra des arrêts en Louisiane, dans le Mississipi, à Montréal, à Ottawa ainsi qu’à Toronto. Au programme? Rien de moins que les trois dernières sonates de Schubert, dans un seul et même concert! « C’est probablement le répertoire pour lequel j’éprouve les affinités les plus profondes, et le fait de pouvoir jouer ces trois chefs-d’œuvre en un seul concert est une expérience incroyable », affirme Stéphane Lemelin.

Le musicien, né à Mont-Joli, au Québec, a étudié avec Karl-Ulrich Schnabel, à New York, avec Leon Fleisher au Peabody Conservatory de Baltimore ainsi qu’avec Boris Berman et Claude Frank à l’Université Yale, où on lui a décerné un Doctorat en musique. Il est aujourd’hui professeur de musique à l’Université d’Ottawa, où il est également le directeur de l’École de musique.

En plus de vaquer à ses activités académiques, d’enregistrer des CD et de donner des concerts, M. Lemelin est le directeur artistique du Prince Edward County Music Festival, à Picton, en Ontario. Le Festival se déroule durant deux fins de semaines en septembre, dans un décor champêtre en bordure du Lac Ontario, et présente des œuvres d’un compositeur actuel – cette année, il s’agit de Steven Gellman- ainsi que d’autres pièces de genres et d’époques variés. En 2010, le Quatuor Alcan, la soprano Donna Brown, la flûtiste Susan Hoeppner, la harpiste Judy Loman, l’altiste Aaron Au, le violoniste Martin Riseley, les violoncellistes Paul Marleyn et Margaret Tobolowska ainsi que le Ottawa Brass Quintet feront partie des artistes invités.

Les musiciens doivent apprendre à vivre avec de multiples déplacements, et ils doivent s’organiser en conséquence. En conséquence, pour M. Lemelin, cela signifie qu’il faut s’adapter à tous les imprévus qui peuvent survenir et augmenter le stress avant une représentation. Face à ce stress, il a choisi d’adopter une attitude zen : « Il y a toujours quelque chose qui ne se passe pas comme prévu : vols retardés, malentendus au sujet des conditions de répétition, pianos décevants… et la plupart du temps, on ne peut rien y faire. Il faut apprendre à laisser ces désagréments de côté et à ne pas s’en faire. J’ai appris qu’il était possible de ne pas laisser le stress nous envahir… mais j’admets que cela m’a pris du temps! »

Par Luisa Trisi, traduit par Mélissa Proulx

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